‘’Lettre à un Camarade, Ugététiste congénital’’ (mercredi 7 décembre 2011) suivi de ‘’Ouhibbouka ya Chaab’’ (jeudi 15 décembre 2011)
Lettre à un Camarade, Ugététiste congénital
Camarade,
Le XXIIème Congrès nous vient à grandes foulées, moment historique de notre refondation, vers d’autres luttes, d’autres constantes.
Historique, car premier après cette révolution non moins historique, dont nous avons entretenu la flamme de longues années, par vents forts et marées, dont nous avons couvé les premiers frémissements et fermement protégé à son apothéose finale… et après.
Historique, car nous n’aurons plus à accueillir les combats politiques partisans, refuge imprenable que nous étions, dans lequel se réfugiaient celles et ceux qui fuyaient la répression de la dictature défunte, et qu’il ne restera avec nous, majoritairement, que les farouchement Ugététistes, puisqu’aujourd’hui, « Plus jamais cette peur ! ».
Historique car, depuis le 14 janvier, tant de forces politiques visent à nous mettre sous leurs bottes, pour servir leurs agendas, politiques, et non ce combat pour la dignité des Travailleur(e)s pour lequel nous nous somme voué(e)s.
Historique car, depuis le 14 janvier, la Réaction n’a pu accepter que nous refusions son offre dérisoire de « gouvernement », que nous soutenions le peuple dans ses sit-in des Kasba 1 et 2, que nous soyons essentiels dans la chute tonitruante de la dictature voyoue et de l’état-bandit-RCD.
Historique car, pour la première fois, une bonne partie de notre Bureau Exécutif passera le flambeau, acceptant la sentence de ‘’l’article 10’’, adopté au XXème Congrès extraordinaire, déblayant, bien avant le pays, la voie vers la démocratie représentative, vers l’alternance aux responsabilités.
Historique, car nous sommes un pivot essentiel des Luttes de ce pays pour son indépendance, sa liberté, sa dignité.
Historique car nous devons le rester.
Historique, en la mémoire de Farhat Hached Allah yarhmou, qui nous a fondés ; Farhat tombé sous les balles assassines de criminels colons ; Farhat tombé dans son combat pour l’indépendance de son pays, pour la dignité de ses Travailleur(e)s ; Farhat qui nous a tant appris la lutte contre le patronat voyou ; Farhat qui nous a tant appris l’humilité politique ; Farhat pour la mémoire de ses combats nous luttons aujourd’hui ; Farhat pour la mémoire duquel nous demandons justice aujourd’hui.
Historique, car l’Histoire nous scrute intensément.
Je m’en vais, khouya, énumérer avec toi, quelques souvenirs, évoqués linéairement, de nos luttes communes pour la Dignité, pour celle de l’Université et de ses Structures, pour celle des Universitaires… et je vois d’ici, les commentaires de celles et ceux qui ne me connaissent pas, souriant de mon « discours électoraliste de propagande », et un peu « larbin », mais c’est parce qu’ils-elles ne me connaissent pas, homme jaloux de la rigueur de ses idées, de la noblesse de ses combats, et fidèle à ses ami(e)s !…
Souviens-toi, khouya, de mon intérêt à peine éveillé, presque poli, lorsque tu me parlais de notre syndicat, encore happé que j’étais par mes « années parigos » ; de ma conscience que tu as, dignement, refusé de brusquer.
Souviens-toi de ces Sections de Base, que tu laissais à chaque passage dans une institution, globe-trotter que tu étais, comme autant de pierres de poucets, sur le chemin de ces années de Luttes.
Souviens-toi, khouya, de mon grand saut dans cette Lutte, après cette longue maturation, à la suite de la trahison de la vermine qui nous servait de ‘’Bureau National’’. Souviens-toi alors de ces réunions interminables au local de notre Section de Base, avec Khaled, Habib, Soufiane, Sami, Samir, Chedli, Ahmed, Fayçal, Jounaïdi, Abdessatar, Karem, Moncef, Habib… où, mus par ce refus de cette réalité que l’on voulait nous créer, l’on façonnait ces actions contre la dictature (interne et externe), ces sit-in, ces pétitions, ces manifs…
Souviens-toi de ce Congrès de 2001, d’une falsification honteuse, que nous avions abandonné au gué. Souviens-toi des larmes de rage et de colère, de notre Camarade, ce soir-là au pot-rituel du guerrier, que je m’étais juré de venger.
Souviens-toi du XXème Congrès, où l’on avait fait que cette question du SGESRS fût centrale, d’où je m’étais juré de ramener le scalp de cette bête hideuse ; de ces aller-retour en taxi, du fin fond de Jerba, à photocopier aux délégués ces déclarations, ces rapports que vous rédigiez à Tunis et m’envoyiez par fax ; souviens-toi de ce monde de connivence de cette engeance avec la bureaucratie syndicale, que l’on avait fait écrouler comme un château de cartes à Jerba. Souviens-toi de ces universitaires y délégués, que l’on tenait à associer à notre combat pour leur honneur ; ce ‘’Camarade‘’ du Centre que j’ai vainement cherché, venu peut-être en Week-end à Jerba ; ce Camarade du Sud qui me disait qu’il était là « pour Ali », ébahi de se voir répondre que j’étais là, mandaté par mes Camarades pour réhabiliter cette UGTT congénitale, combat dont le Camarade Ali était alors le symbole, mais aussi pour le scalp de cette bête hideuse. Souviens-toi de cet « accueil triomphal » que tu m’avais réservé, avec d’autres proches Camarades, à l’aéroport, pour cette mission presqu’accomplie…
Souviens-toi de ce scalp ramené, cette dissolution de ce « bureau » félon après ce Congrès, qui venait après une première dissolution, étouffée, et re-prise par la nouvelle Commission du Règlement Intérieur, y élue.
Souviens-toi de cette plainte en justice, n-ième ligne rouge franchie par la félonie, pion de cette dictature qui voulait nous la ‘’fermer’’, oups, comme à la LTDH, s’imaginant que l’on puisse attaquer impunément la citadelle de l’UGTT… et que l’on a longtemps traînée…
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